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2019 - 2020

AALAAPI

Idée originale de Laurence Dauphinais et Marie-Laurence Rancourt
Pièce de théâtre
Pièce de théâtre

Un spectacle du Collectif Aalaapi

Idée originale de Laurence Dauphinais et Marie-Laurence Rancourt

Mise en scène de Laurence Dauphinais


Le collectif AALAAPI est Récipiendaire du Prix auteur dramatique 2018-2019 et du Prix du public CTD’A 
 
Audrey, Samantha, Louisa, Mélodie et Akinisie partagent leur vie entre le sud et le nord. Pendant 8 mois, elles ont accepté de se raconter au moyen d’un documentaire radiophonique sculpté à même leurs paroles, leurs silences. Aalaapi | ᐋᓛᐱ est un écho du nord, de son passé, mais surtout, de son présent, à travers les sensibilités de ces amies. Aalaapi | ᐋᓛᐱ est surtout une double promesse: que ce projet sonore parle d’elles, et qu’elles soient entendues.

Laurence Dauphinais et Marie-Laurence Rancourt réunissent un collectif d’artistes pour la création de ce spectacle qui allie théâtre et création radiophonique. Aalaapi | ᐋᓛᐱ fait place à l’imagerie sonore et plonge l’auditeur au coeur de la vie des jeunes femmes dans une formule qui révèle la puissance de leur parole, de leurs histoires et de leur devenir. Ensemble, elles écrivent une radio à la fois imprévisible, surprenante et touchante. La création théâtrale, portée par les interprètes Nancy Saunders et Hannah Tooktoo, entre en dialogue avec le documentaire dont elle est issue, renouvelant l’expérience sonore en y adjoignant d’autres disciplines.
Tournée
Passé:
7 au 9 novembre 2021 > Théâtre du Nouvel-Ontario > Sudbury
20 novembre 2020 > Théâtre du bic > Rimouski
Juillet 2021 > Fringe d’Édimbourg > Édimbourg [en ligne]
18 mai 2021 > Stückemarkt du Theatertreffen > Berlin [en ligne]
 
24 au 27 mai 2020 > Festival TransAmérique > Montréal [annulé, COVID]
4 au 6 juin 2022 > Carrefour international de théâtre > Québec
24 novembre 2021 > Maison de la culture Verdun > Montréal 
25 novembre 2021 > Maison de la culture Ahuntsic > Montréal
22 avril 2021 > Maison de la culture Saint-Laurent > Montréal [annulé, COVID]
Août 2021 > Culture Trois-Rivières > Trois-Rivières
29 janvier au 2 février 2022 > Push festival > Vancouver
24-25 février 2022 > Théâtre l’Escaouette > Moncton
22 février 2022 > Théâtre populaire d’Acadie > Caraquet
 
À venir:
Centre culturel de l’Université de Sherbrooke > Sherbrooke
26 au 29 octobre 2022 > Théâtre français du CNA > Ottawa
9 au 19 juin 2022 > Festival Luminato > Toronto
Durée 1h30
Réalisation du documentaire sonore Magnéto - Marie-Laurence Rancourt + Daniel Capeille
Interprétation Olepika Takpanie +
Ulivia Uviluk

Scénographie Odile Gamache
Lumières Chantal Labonté
Musique Antonin Wyss
Son Joël Lavoie
Vidéo Guillaume Vallée
Assistance à la mise en scène
Charlie Cohen

Assistance à la scénographie
Nancy Saunders

Traduction
Brett Donahue +
Nicolas PirtiDuplessis

Animation Camille Monette-Dubeau
Direction de tournée Charlotte Ménard
Direction technique et éclairages en tournée Chantal Labonté
Sonorisation et vidéo en tournée 
Joël Lavoie

Régie Amélie-Claude Riopel +
Charlie Cohen

Photo de couverture
Anne-Marie Baribeau

Direction de production à la création Letícia Tórgo
Membres du Collectif Aalaapi
Audrey Alasuak + Daniel Capeille + Laurence Dauphinais + Mélodie Duplessis + Caroline Jutras-Boisclair + Samantha Leclerc + Louisa Naluiyuk + Akinisie Novalinga + Marie-Laurence Rancourt + Nancy Saunders + Hannah
Tooktoo

Production 
Le Collectif Aalaapi avec l’aide d’Alexandra Boilard-Lefebvre
 
Production et tournée La Messe Basse
Collaboration à la création Magnéto
Avec le soutien de Nouveau Chapitre
Résidences de création Quai 5160
maison de la culture de Verdun + Ateliers de LA SERRE – arts vivants + Conseil des arts de Montréal


Production et tournée | La Messe Basse
Aalaapi | ᐋᓛᐱ fait place à l’imagerie sonore et plonge l’auditeur au coeur de la vie des jeunes femmes dans une formule qui révèle la puissance de leur parole, de leurs histoires et de leur devenir.
Récit sonore
Récit sonore
Montréal - Salluit - Puvirnituq 

Finaliste Prix du CALQ - Oeuvre de la relève, 2021
 
Finaliste Prix Longueur d’ondes - Documentaire, France, 2021


Aalaapi signifie en Inuktitut « faire silence pour entendre quelque chose de beau ». Le dernier documentaire de Magnéto suit 5 jeunes femmes originaires du Nunavik, au Nord du Québec. Audrey, Samantha, Louisa, Mélodie et Akinisie partagent leur vie entre le sud et le nord. Pendant 8 mois, elles ont accepté de se raconter au moyen d’un documentaire radiophonique sculpté à même leurs réflexions, leurs paroles, leurs silences.

Ce projet est l’un des 200 projets exceptionnels soutenus par le programme Nouveau chapitre du Conseil des arts du Canada. Avec cet investissement de 35 M$, le Conseil des arts appuie la création et le partage des arts au cœur de nos vies et dans l’ensemble du Canada.
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 Durée 1h01
 
Conception, écriture et réalisation
Marie-Laurence Rancourt

Prise de son et conception sonore Daniel Capeille
Musique Antonin Wyss
Co-créatrices Audrey Alasuak, Mélodie Duplessis, Samantha Leclerc, Louisa Naluiyuk et Akinisie Novalinga 
Avec la complicité de Caroline Jutras Boisclair
Visuel Camille Monette-Dubeau
AALAAPI | ᐋᓛᐱ
Livre
Livre
Du Collectif Aalaapi

Publié aux Éditions Atelier 10
Finaliste au prix littéraire du Gouverneur général 2020

 
Le Collectif Aalaapi
Audrey Alasuak, Daniel Capeille, Laurence Dauphinais, Mélodie Duplessis, Caroline Jutras, Boisclair, Samantha Leclerc, Louisa Naluiyuk, Akinisie Novalinga, Marie-Laurence Rancourt, Niap Saunders et Hannah Tooktoo

Un désir de voix 
Contrepoint par Marie-Laurence Rancourt

«La voix est déjà une écriture», déclarait Roland Barthes au micro de Jacques Chancel à 50 ans d’ici. Nous sommes en France et Roland Barthes a conduit quelques années plus tôt un séminaire sur la voix dont rien n’a été jusqu’à ce jour publié ni peut-être même conservé. Quant à Jacques Chancel, on lui doit des milliers d’interviews avec des hommes et des femmes pour la plupart déjà réputés, certains auxquels le temps réservait la notoriété — Marguerite Duras, Michel Foucault, Nathalie Sarraute, Claude Lévi-Strauss, François Truffaut furent parmi ses invités. Roland Barthes fait partie de ceux dont les mots, comme une photo, ont été conservés notamment grâce à ces entretiens; ce sensible devenu signifiant ramène Barthes et compagnie au présent, et à jamais.
 
On connait la figure de l’auteur campé à sa table de travail, à l’aube et des heures durant, face à ses carnets ou à son ordinateur, renfermé sur sa voix intérieure; écrivant, biffant, révisant. Qui peut aussi facilement imaginer l’auteur radio, penché sur ses sons; les rapprochant, les éloignant, suggérant parfois un silence, relevant dans une parole tantôt une hésitation, tantôt un saisissement, une ellipse, un tremblement et s’en émouvant ? Oui, l’auteur radio reconnait dans la voix une écriture; et son écriture à lui commence précisément dans l’écoute. Dans une voix, il entend d’autres manifestations intérieures et des histoires aussi; dans les silences, quelque chose de plus vrai encore que la parole; une pensée tue, un geste vocal ravalé. L’auteur radio n’est jamais cependant strictement témoin puisqu’il agit : parfois, il fait apparaitre la parole d’une question—la seule possible, la plus sincère qui soit; ou encore d’un seul mot; parfois, par son mutisme aussi, cette discrétion découlant de sa posture d’écoute, qui est présence à l’autre, attention et sentiment.
 
Marguerite Duras parlait de sa passion exténuante pour l’écrit; je crois éprouver une passion similaire à voir naitre et à récolter les mots et les phrases prononcés par quelqu’un, c’est quelque chose qui m’émeut et m’enchante. La voix de l’auteur radio, la voix de celui vers qui est tendu le micro leur échappent à tous les deux. Quelque chose qui ressemble à la vie se joue dans cet instant d’abandon et d’indétermination où chacun avance à tâtons et où les mots trahissent la fragilité de cet instant qui s’invente au croisement de leurs existences, dans un dialogue qui les rend peut-être un peu moins étrangers à eux-mêmes; ou un peu plus, allez savoir.
 
À l’écrivain, le royaume des lettres; à l’auteur radio, le continent des mots, mais cette fois sans les détacher de leur sonorité, de leurs creux et de leur ampleur; à l’auteur radio, les mers de voix touchantes, fulgurantes, mouvantes, incroyablement graves ou douces ou fougueuses, et toujours puissantes. Ce continent et ces mers ne sont pas objets de conquête, mais plutôt de responsabilités particulières : celles de rendre la conduite du récit aux acteurs, à la manière de Faulkner, et ce, afin qu’ils y dessinent, y impriment, leur vision du monde, leur rapport au monde, leurs sensibilités, leurs récits.
 
Non, on n’est jamais seul lorsqu’on écrit avec les voix. On doit s’absenter, céder la place, se garder d’intervenir pour laisser l’autre se prononcer, vivre, ressentir. Chemin faisant, ceux dont on a enregistré la parole se trouvent disputés à l’oubli, au temps; portés dans cette semi-clarté que se partagent la mémoire et le jour levant. Il faut conserver les voix, les sons, les silences; ils sont déjà là et déjà des écritures dont se saisir; la parution de ce livre en témoigne d’ailleurs. Un jour, on peut décider de faire de la radio une littérature, d’en emprunter la forme, le rythme, les images, les silences pour ensuite les couler sur le papier.
 
Comme la littérature, la radio enregistre les doutes, les questions, les sensations, les émotions, la pensée, et donne à son tour à réfléchir, à s’interroger. Et puis on est en droit d’attendre quelque chose de la radio qui pourrait bien être ce que vous et moi attendons ultimement de la vie: une certaine façon de voir le monde et de l’interroger. Oui, la radio a des réflexions profondes sur le temps, l’espace, la durée, le langage; et tout cela ne passe
pas uniquement par ce qui est dit. J’aimerais qu’on ait pour elle cette attention particulière empruntant à celle du lecteur recueilli ou du spectateur pensif; en somme, que l’on vienne à la radio comme on va vers un livre ou comme l’on se rend au théâtre. Les voix et paroles réunies dans ce livre ont beaucoup couru avant de surgir ici, et courront encore après : elles ont d’abord été vécues entre Montréal et le Nunavik par Audrey Alasuak, Mélodie Duplessis, Samantha Leclerc, Louisa Naluiyuk et Akinisie Novalinga; sculptées, elles ont donné vie au documentaire radiophonique Aalaapi dont les jeunes femmes ont dit qu’il était le titre le plus juste, oui, parce que signifiant « faire silence pour entendre quelque chose de beau ». Leurs récits ont ensuite été portés à la scène, et d’autres voix, d’autres corps, d’autres mouvements se sont joints à eux—ceux de Nancy Saunders et d’Hannah Tooktoo—leur offrant d’autres retentissements, une autre ampleur; et maintenant, ce livre que vous tenez entre vos mains qui fait sourdre d’autres échos encore. Voilà une remarquable métamorphose : Aalaapi poursuit un trajet qui va des oreilles aux mains en passant par les yeux.
 
Je tiens à remercier ces femmes brillantes pour leur audace et leur confiance. Aalaapi est la célébration de voix singulières, admirables, évocatrices et importantes qui puisent dans l’indicible et y trouvent une profondeur. Elles ne me quitteront plus; elles m’habitent et me traversent, me poursuivent. Chaque écoute me donne l’impression de reprendre avec elles la conversation et me rappelle toutes les voix pas encore enregistrées, parfaitement inconnues à nos oreilles, tristement passées inaperçues ou ignorées; il faudra bien un jour qu’elles aussi nous parlent d’elles. J’espère ainsi qu’Aalaapi inaugure l’avènement d’une nouvelle écriture, indissociable d’une histoire d’écoute.
 
Désormais, au même titre que celles des personnalités légendaires s’étant succédé au micro de Jacques Chancel, mais bien des années plus tard, il y a l’acte de prise de parole d’Audrey, d’Akinisie, de Samantha, de Mélodie et de Louisa; elles aussi ont été enregistrées, et on peut en redécouvrir toujours le sens, la portée, la profondeur. Elles seront conservées comme autant de photographies, à jamais incarnation du présent demeurant sous la forme d’une voix dans la grande temporalité du monde, pour emprunter ici à l’esprit de Ryoko Sekiguchi. Et leur résonance est inséparable d’un travail de restitution et de diffusion auxquels participent chacun à leur façon le documentaire radiophonique, la pièce de théâtre et désormais ce livre.
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